Femmes et hommes ne sont pas égaux face aux effets de l’alcool

08/03/2017

 

Les derniers résultats d’une étude Australienne à grande échelle portant sur 4 millions de personnes à travers le monde pendant un siècle ont été publiés le 24 octobre 2016. Ils montraient que peu à peu la différence entre les consommations des hommes et des femmes s’est amoindri, jusqu’à ne plus être significative pour les garçons et les filles né(e)s entre 1991 et 2000. 

 

Ce mois-ci, l’OFDT a également rendu un rapport  qui montre qu’en France, la consommation d’alcool continue d’être nettement différenciée entre les hommes et les femmes.  Cependant, le rapport fait part d’une analyse : « Le genre semble constituer un des facteurs socioculturels les plus fortement associés aux comportements à risque pour la santé, en particulier aux addictions. Les modes de consommation paraissent étroitement liés aux rôles sociaux plus qu’au sexe biologique, c’est-à-dire au genre, notion qui traduit l’effet des assignations sociales prêtées à des comportements d’usage qui s’expriment différemment parmi les hommes et les femmes. Ainsi, par exemple, parce qu’elles sont plus fréquemment stigmatisées, les pratiques addictives des femmes apparaissent-elles plus souvent clandestines. »

 

En effet, le phénomène de convergence des pratiques addictives semble corrélé avec une uniformisation des rôles sociaux, en particulier chez les classes les plus favorisées et chez les actifs occupés. Des témoignages comme ceux publiés dans un article de Marie-Claire illustrent cette augmentation de la problématique alcoolique chez les femmes cadres.

 

Si la parité femme /homme est souhaitable quant aux droits des femmes, la recherche d’une parité en tous domaines, et en particulier quant aux consommations d’alcool peut s’avérer plus délétère que bénéfique ! En effet, femmes et hommes ne sont pas égaux face aux effets de l’alcool et comme l’énonçait le site de prévention canadien Educ’alcool en 2012,  à propos des repères de modération, « c’est pas sexiste, c’est scientifique ». En effet, comme le préconise l’OMS, pour une consommation à moindre risque, les seuils à ne pas dépasser sont 2 Unités par jour pour une femme et 3 pour un homme. En effet, les femmes sont exposées à des risques accrus de dépendance et de complications.

 

Le fait que les femmes ne soient plus autant que par le passé stigmatisées si elles consomment de l’alcool est certes une avancée sociale mais le revers de la médaille est que les femmes et en particulier les jeunes filles ont des consommations supérieures et également des ivresses plus fréquentes.

 

 

De plus, si les femmes assument plus les consommations excessives et festives, les consommatrices dépendantes, elles consomment toujours en cachette et accèdent moins au soin que les hommes. La honte engendrée par cette stigmatisation très ancrée dans les représentations sociales en est la cause.

 

 

 

 (1) https://www.addictaide.fr/presse/alcool-hommes-et-femmes-sont-egaux-en-alcool/

 

 (2) http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/eftxfbx3.pdf

 

 (3) http://www.marieclaire.fr/,alcool-et-dependance-quel-est-leur-probleme,20258,358719.asp

 

 (4) http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201201/09/01-4484161-educalcool-fixe-les-reperes-de-la-moderation.php

 

 (5) http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/alcool/sa_6469_alcool_femmes.htm

 

 

 

 

 

 

 

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